Les élèves-ingénieurs en géologie qui optent pour le parcours Environnement & Aménagement en 4ème année peuvent poursuivre l’année suivante en « Hydrogéologie et risques industriels ». Mais, au fait, c’est quoi l’hydrogéologie ? Zoom sur cette spécialisation au cœur des préoccupations environnementales.
« L’hydrogéologie consiste à étudier les ressources en eau souterraine, de comprendre le fonctionnement des aquifères et les mécanismes qui régissent la circulation de l’eau en sous-sol » explique Lahcen Zouhri, Enseignant-chercheur en hydrogéologie à LaSalle Beauvais et responsable du domaine d’approfondissement « Hydrogéologie et risques industriels ». « C’est une spécialité pluridisciplinaire, qui mobilise de nombreuses connaissances en mathématiques, en physique ou encore en chimie. »
Grâce à cela, et en complément de campagnes de terrain, qui facilitent la compréhension des phénomènes, l’hydrogéologue est capable de modéliser les écoulements de l’eau ou la prévision de niveau d’une nappe souterraine, et ce quel que soit le milieu (poreux, fracturé, karstique). Il peut aussi déterminer la composition de l’eau et sa qualité. Des connaissances précieuses pour préserver la ressource. Car les nappes souterraines, qui représentent seulement 0,6% du stock total d’eau*, constituent la principale source d’approvisionnement de la planète (sur Terre, 97% de la ressource se trouve sous forme d’eau salée et 2% sous forme de glaces).
L’hydrogéologue a pour principales missions la prospection et la préservation des ressources en eau. Il peut ainsi intervenir en amont, pour prévenir toute pollution qui affecterait les captages. Son rôle est alors d’étudier l’impact potentiel d’un projet d’aménagement ou de toute activité humaine sur les eaux souterraines ou les réservoirs. Il est également chargé de mesurer les risques de transfert de polluants (dispersion de la pollution dans une nappe souterraine) dans les zones non saturées et saturées en eau. Par ailleurs, l’hydrogéologue évalue la qualité et la quantité d’eau présente dans une nappe phréatique, afin d’anticiper tout impact sur l’approvisionnement des populations.
En aval, il préconise la meilleure technique de dépollution des sols et/ou des eaux superficielles ou profondes, notamment dans le cadre de réhabilitation d’anciens sites industriels.
Les débouchés professionnels se trouvent principalement dans les bureaux d’études, les instituts publics et les grands groupes de l’environnement.
« Nos élèves sont sensibilisés à l’hydrogéologie dès la 3ème année, avec la présentation de matériel spécifique, comme les sondes hydrogéologiques, ajoute Lahcen Zouhri. Actuellement, quatre élèves effectuent même leur mémoire d’initiation à la recherche sur l’aquifère de Beauvais, avec prises de mesure 5 à 7 fois par semaine ! Ensuite, en 4ème et 5ème année, durant les enseignements de spécialisation, nous organisons des sorties terrain. Les étudiants réalisent une diagraphie, une technique hydrogéophysique utilisée pour les captages d’eau, et effectuent des visites de captages ou d’une station de traitement des eaux. Ils sont sensibilisés au code de l’environnement, notamment sur des problématiques concernant les sites industriels. Par ailleurs, certains cours sont dispensés par des spécialistes de l’ADEME, une structure de référence en matière d’environnement. »
*Chiffre extrait du CNRS. Cycle de l'eau et réservoirs Des stocks restreints